Femme et missionnaire à tout faire!

Sœur Berthe Cusson a gardé, de l’ancien costume des sœurs de Saint-Joseph, le voile. Elle le porte à merveille, du haut de ses 87 ans, grâce aussi à son sourire désarmant. Cette belle dame, une véritable « force de la nature », a vécu pendant 28 ans dans les montagnes du Lesotho où elle s’est découvert des talents insoupçonnés, dont celui d’être une bâtisseuse.

© Patrick Roger, photographe

© Patrick Roger, photographe

 

 

 

 

 

 

 

 

« Vers l’âge de soixante ans, après avoir œuvré au dispensaire, je consacré mon temps aux cliniques préscolaires puis à différents projets menés avec des femmes. La communauté a construit un grand poulailler afin que les femmes qui venaient à la clinique à chaque mois puissent acheter des œufs à moindre prix. Par la suite, nous y avons élevé des petits poulets », raconte sœur Berthe.

Confrontée à une réalité toute autre que celle du pays qu’elle avait quitté, sœur Berthe a relevé ses manches, et bien des défis, en ayant confiance en ses moyens. Elle a dessiné les plans pour la construction du poulailler, ce qui n’était pas une mince tâche étant donné le terrain montagneux où se trouvait la mission, et elle a réalisé la construction du bâtiment agricole.

« Je n’aurais jamais pensé réaliser tout ça », avoue-t-elle, modestement.

Pour elle aussi, l’idée de partir en mission représentait un rêve d’enfant. Lorsqu’elle a prononcé ses vœux perpétuels, en 1949, elle avait exprimé ce désir à la communauté.

Après avoir suivi un cours d’infirmière auxiliaire, elle est partie pour le Lesotho où la langue a constitué un obstacle majeur dans les premiers mois.

« Par leurs gestes qui indiquaient où se trouvait la douleur, les malades arrivaient à me faire comprendre quel était le problème. Il m’a fallu apprendre le sésotho », dit-elle.

Dans ces années-là, les religieuses partaient pour 10 ans, sans possibilité de revenir. Plus tard, les missions ont été de 5 ans. Chaque retour provoquait un choc.

« On percevait toujours plus le gaspillage et la surconsommation de notre société », se désole sœur Berthe.

Ce qui l’a marquée le plus dans cette expérience, c’est d’avoir été témoin d’une grande amélioration en santé publique dans le pays, même en secteur montagneux. Le taux de scolarisation, au Lesotho, est aussi très impressionnant, si on le compare à d’autres pays africains.

« Plus de 80 %, même dans les montagnes », précise sœur Berthe qui a été ravie, lors d’un bref retour au Lesotho pour souligner l’ouverture d’une école secondaire, de constater qu’on pouvait se brancher à Internet partout, même dans les régions éloignées.

« Cette mission m’a permis de découvrir en moi des habiletés que je ne soupçonnais pas. J’allais d’un projet à l’autre les yeux fermés et ça marchait. Je revivrais cette expérience formidable sans hésiter, précise-t-elle, en ajoutant, le sourire aux lèvres, « mais pas à mon âge »!

Le Lesotho lui a appris le sens du mot patience et celui du partage et de l’entraide.

« Les riches donnent, mais les pauvres partagent », philosophe-t-elle.

Et ces leçons lui servent encore aujourd’hui et lui donnent sans doute un peu de cette énergie magnifique qui la porte, car elle est toujours active et impliquée au sein de la communauté maskoutaine.

 

 

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