« J’ai appris à relativiser et à vivre le moment présent » – sœur Monique Pion

Après une valse-hésitation qui lui a remué le cœur pendant quelques semaines, sœur Monique Pion a appris qu’elle allait partir en mission au Sénégal. C’était en 1970.

Elle s’est retrouvée dans la brousse, au sud du pays, dans un milieu de vie sans électricité, sans téléphone, avec l’eau courante mais non potable, etc. « Ça m’a rappelé un peu mon enfance », dit la religieuse, née en 1933.

Le départ des 5 sœurs de Saint-Joseph pour Djifangor, en 1970, résultait d’une demande de Mgr Augustin Sagna, évêque de Ziguinchor. Les religieuses de la communauté maskoutaine étaient appelées à y implanter un collège d’enseignement privé catholique orienté vers la formation de juvénistes. Bien que catholique, l’établissement était également accessible aux musulmans et aux animistes.

Le juvénat accueillait les candidates d’une communauté religieuse sénégalaise, les Filles du Saint-Cœur-de-Marie, puis, en 1983, se sont ajoutées celles des Filles de la Résurrection, une communauté naissante. En 1992, quand les sœurs de Saint-Joseph ont quitté le pays, 29 religieuses sénégalaises avaient prononcé leurs vœux.

En plus d’enseigner, les sœurs ont travaillé dans une léproserie et un dispensaire.

© Patrick Roger, photographe

Les sœurs de Saint-Joseph ont dû s’adapter à la mentalité africaine, et elles ont aussi été confrontées à celle des sœurs françaises, pas toujours « faciles à vivre ».

« J’ai voulu parler à l’une d’elle un samedi, vers 13 h et elle m’a répondu sèchement « on ne dérange pas les gens comme ça », se souvient très bien sœur Monique. Les différences entre les Françaises et les Québécoises étaient visibles dans leur manière de traiter les employés, a aussi fait remarquer sœur Monique. Un résumé de la tension qui régnait à l’époque mentionnerait sans doute le syndrome du colonisateur/colonisé!

Comme ses consœurs qui ont vécu une mission à l’étranger, sœur Monique parle des nombreuses étudiantes côtoyées pendant toutes ces années comme de « ses filles ».

Sénégal X 4 - SJSH 001

Cette mission, qui a duré 22 ans, a changé la vie de sœur Monique.

« J’ai appris à relativiser et à vivre le moment présent sans trop me préoccuper du lendemain, dit-elle. Il m’a fallu être à l’écoute d’une autre réalité et d’une autre façon de penser. »

Avant de quitter définitivement le Sénégal, les sœurs ont assisté au début de la construction d’une église. À propos de ce projet, qui allait mobiliser la communauté catholique de Djifangor, sœur Monique avait écrit : « cette bâtisse sera l’expression de la vie de foi qui se solidifie ».
Une fois l’église inaugurée, les sœurs ont lu avec plaisir ces quelques mots de Mgr Sagna : « Et comme pour couronner l’œuvre accomplie, une église sort de terre qui va pérenniser le beau travail des sœurs de Saint-Joseph ».

La boucle était bouclée!

 

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  1. DIATTA Rodrigue Eloi

    En tant que fils du village de Djifanghor, vue tout ce dont vous avez fait pour ce village puisse Dieu vous le rendre au centuple. Nos prières vous accompagneront à jamais et nous vous disons merci encore et encore.

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