« J’ai connu les forces de l’espérance »

Sœur Rollande Crevier a passé 51 ans de sa vie au Brésil. Quand on lui demande si elle recommencerait, si c’était à refaire, elle réplique tout de go « je partirais aujourd’hui même! ».

Profondément marquée par cette expérience, elle raconte que son parcours missionnaire a valu le coup d’être vécu.

« J’ai compris que nous sommes tous frères et sœurs, des hommes et des femmes désirant grandir ensemble. Nous faisons église avec les autres, dit-elle en insistant sur le mot « avec ». J’ai aussi appris à prier avec la vie et j’ai connu les forces de l’espérance au contact d’un peuple qui résiste à ce qui l’écrase », note-t-elle, en référant notamment au mouvement des sans terre, ces paysans qui occupent et cultivent des terres même s’ils ne sont pas propriétaires.

Aujourd’hui, les compagnes de sœur Rollande qui étaient avec elle au début de la mission, sont toutes décédées. Elle reste seule avec ses souvenirs.

« Nous avons trouvé bien difficile l’apprentissage du portugais, dans les premiers mois, raconte-t-elle. Un jour que mes compagnes et moi tentions de comprendre ce qu’un jeune homme essayait de nous dire, il s’est couché à terre, les mains en croix sur le ventre. Nous avons compris qu’il cherchait du matériel pour fabriquer un cercueil. Malgré cet obstacle, je me suis retrouvée à enseigner l’histoire du Brésil, la géographie et l’arithmétique peu de temps après notre arrivée. Heureusement, les élèves étaient indulgents avec moi. »

© Patrick Roger, photographe

© Patrick Roger, photographe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Outre la langue qu’elle a trouvée difficile à maîtriser, sœur Rollande a vécu un choc important en côtoyant l’extrême pauvreté de certains de ses nouveaux concitoyens. Pendant longtemps coordonnatrice de la catéchèse pour 12 diocèses de l’archidiocèse de São Luis do Maranhão et 15 paroisses de Floriano, une ville située dans l’État du Piauí, elle a été confrontée à des réalités diversifiées sur le chemin de l’évangélisation. Et la chaleur, particulièrement accablante pendant la saison des pluies, lui a également donné du fil à retordre.

« Une chose que j’ai bien apprécié, c’était les communautés ecclésiales de base. Présentes partout au Brésil, composées de jeunes et de vieux, c’est là qu’on décide, collectivement, de ce qui est bon pour la communauté ou de ce qui lui manque. Les membres de ces communautés sont responsables de leur avenir humain et chrétien. Il s’y trouve une belle énergie et un partage de valeurs, de même qu’une soif de liberté qui sont des éléments remarquables de la vie des Brésiliens », évoque sœur Rollande.

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