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L’amour, ingrédient essentiel à une vie communautaire réussie

C’est toute petite, au Manitoba, entourée de ses 10 sœurs que sœur Thérèse André a apprivoisé les notions de partage, de vie fraternelle et d’amour.

« Quand je parle de ma sœur Ferdinande, c’est la moitié de moi-même », dit-elle spontanément.

Vivre au sein d’une communauté religieuse, pour elle, c’est comme un mariage.

« Il faut faire attention, accepter, excuser et s’excuser », affirme-t-elle.

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crédit : Denyse Bégin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Celle qui vit depuis deux ans à la maison mère des sœurs de Saint-Joseph, à Saint-Hyacinthe, a dû s’habituer à l’idée de partager son quotidien avec plus de 100 personnes puisque dans toutes ses années en mission, elles étaient seulement trois ou quatre à partager le même environnement.

« Je trouve ça un peu lourd, mais ce n’est la faute de personne. Par exemple, c’est difficile de parler de ma vie au Manitoba, où j’ai vécu jusqu’à il y a deux ans. C’est une réalité qui ne trouve pas beaucoup d’écho ici.

« Par contre, il y a des sous-groupes au sein de la communauté où nous fraternisons et partageons des activités ensemble. Mais parfois, nous pouvons être une semaine sans nous croiser dans la bâtisse. Moi, je visite les malades et les lundis, j’organise des jeux pour elles. Vient qui veut ! C’est tellement beau de les voir, rayonnantes. On me paierait que ce ne serait pas mieux ! », s’exclame-t-elle.

Pour réussir une vie communautaire, il faut beaucoup d’amour, croit sœur Thérèse.

Petite fille, alors que déjà elle voulait enseigner, elle amenait les plus jeunes de son école prier à l’église du village pendant la récréation du midi.

Quand elle a vu les sœurs de Saint-Joseph s’installer à Lorette, elle a eu un véritable coup de cœur et très vite, elle a souhaité entrer au noviciat.

« Je n’ai pas fini d’apprivoiser cette nouvelle vie à la maison mère, mais je vais y arriver, c’est certain », dit-elle.

 

 

Christiane Singer, Derniers fragments d’un long voyage, pp. 42-43 :

« Au fond, je viens seulement vous apporter cette bonne nouvelle : de l’autre côté du pire t’attend l’Amour. Il n’y a en vérité rien à craindre. Oui c’est la bonne nouvelle que je vous apporte.

Et puis il y a autre chose encore. Avec cette capacité d’aimer, qui s’est agrandie vertigineusement, a grandi la capacité d’accueillir l’amour. Et cet amour que j’ai accueilli, que j’ai recueilli de tous mes proches, de mes amis, de tous les êtres que, depuis une vingtaine d’années, j’accompagne ou qui m’accompagnent – parce qu’ils m’ont certainement plus fait grandir que je ne les ai fait grandir. Et subitement toute cette foule amoureuse, toute cette foule d’êtres qui me portent! Il faut partir en agonie, il faut être abattu comme un arbre pour libérer autour de soi une puissance d’amour pareille. Une vague. Une vague immense. Tous ont osé aimer. Sont entrés dans cette audace d’amour. En somme il a fallu que la foudre me frappe pour que tous autour de moi enfin se mettent debout et osent aimer. Debout dans leur courage et dans leur beauté. Oser aimer du seul amour qui mérite ce nom et du seul amour dont la mesure soit acceptable : l’amour exagéré. L’amour démesuré. L’amour immodéré.

Alors, amis, entendez ces mots que je vous dis là comme un grand appel à être vivants, à être dans la joie et à aimer immodérément.

Tout est mystère. Ma voix va maintenant lentement se taire à votre oreille; vous me rencontrerez peut-être ces jours de congrès errant dans les couloirs car j’ai de la peine à me séparer de vous.

La main sur le cœur, je m’incline devant chacun de vous. »

Il est pour toi celui-là ma Gigi. xx

© Denyse Bégin