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« Enseigner, c’est un art » – sœur Thérèse Larivière, sjsh

Sœur Thérèse a 86 ans et elle est en pleine forme. Je dirais même plus, elle est resplendissante!

Cette belle dame bien droite et fière a enseigné pendant 12 ans au primaire et 28 ans, au secondaire. Son parcours professionnel l’a menée au Témiscamingue, à Sherbrooke, à Saint-Jean et à Saint-Hyacinthe, à l’école secondaire Casavant, puis à l’école secondaire Saint-Joseph.

© Patrick Roger, photographe

Actuellement, elle aide des immigrants à apprendre le français et ne semble pas prête à renoncer à cette activité qui lui plaît.

« Mon goût pour l’enseignement s’est développé à l’École normale et il ne m’a jamais lâché depuis », indique-t-elle.

« Enseigner, c’est un art, pas une profession. Il faut beaucoup d’amour et s’assurer d’être équitable. Les élèves sont tous égaux. Chacun a sa place et le respect des autres est essentiel dans une classe. De plus, j’ai toujours trouvé important d’encourager les élèves et de souligner leurs efforts », poursuit-elle.

Aimer ses élèves et son métier, c’est la clé pour cette religieuse calme et souriante, toujours heureuse de transmettre son savoir aux autres et ainsi, de leur donner des « munitions » pour bâtir un avenir à la hauteur de leurs espérances.

© Patrick Roger, photographe

 

 

« Ils étaient comme mes enfants! » – sœur Huguette Gagnon, sjsh

Après avoir prononcé ses vœux perpétuels en 1962, sœur Huguette Gagnon a enseigné au Québec, jusqu’en 1969, puis on l’a envoyée au Manitoba, à Saint-Vital, un quartier de Saint-Boniface. Elle y a enseigné aux tout-petits de maternelle et de première année et c’est sur place, en les côtoyant, qu’elle a appris à parler anglais.

« J’ai toujours voulu enseigner, dit-elle. Toute petite, je jouais à la maîtresse d’école avec mes deux sœurs ou avec mes toutous. Je voyais les Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie passer devant chez nous, dans leur costume, et ça me réjouissait. Mais, ma mère a ralenti mes élans et j’ai dû attendre d’avoir atteint l’âge de 18 ans avant de devenir postulante », raconte-t-elle.

Dans l’Ouest canadien, sœur Huguette a notamment enseigné le chant et la musique aux petits francophones.

« Il faut de la patience, mais c’est si valorisant. Ils étaient comme mes enfants! », avoue-t-elle.

© Patrick Roger, photographe

« C’est fabuleux quand on voit les yeux d’un enfant s’éclairer quand il vient de comprendre une notion qui lui semblait impossible à apprivoiser au départ. Ils se disent incapables puis, tout à coup, ça débloque! Moi, ça m’émerveillait de les voir apprendre. »

Lorsqu’elle évoque les beaux souvenirs, comme les plus douloureux, on a l’impression de revivre ces moments-là avec elle.

« Un jour nous étions en cercle, les mains jointes et j’avais demandé aux enfants de fermer leurs yeux pour se concentrer sur le chant. Tout à coup, j’ai reçu un petit coup de coude et l’un des petits m’a avertie : « ferme tes yeux toi aussi ». C’était si suave! », se souvient-elle.

Puis, elle enchaîne sur des événements plus tragiques et son visage se crispe.

« Un jour, la petite Virginie m’a dit « j’ai la leucémie. Je vais avoir un traitement et si ça ne fonctionne pas, je vais mourir » et elle est effectivement décédée, peu de temps après. Il y a eu aussi cette autre petite, Brigitte, qui a eu un accident d’auto avec sa maman. Cette dernière est morte devant elle. Elle me disait « je ne veux pas que ça arrive, même si c’était après l’accident. Un mois plus tard, elle a eu une grosse crise de larmes. Elle m’a alors confié toute sa peine. »

Dans les derniers mois où elle a enseigné aux petits, sœur Huguette, avec ses cheveux blancs, étaient pour eux comme une grand-maman bienveillante.

Retraitée, installée dorénavant à la maison mère de Saint-Hyacinthe, elle revit avec émotion tous les beaux moments vécus au Manitoba où, sans doute, elle a laissé derrière elle une partie de son cœur.

 

« Enseigner, c’était que du bonheur! » -sœur Michelle Gill, sjsh

Sœur Michelle Gill a la biologie dans le sang! Cette matière, elle l’a enseignée pendant près de 20 ans à l’école secondaire Saint-Joseph (ESSJ) avant de quitter le Québec pour aller œuvrer en Haïti pendant 10 ans afin d’y fonder puis d’y diriger une école.

Elle n’hésite pas à qualifier de pur bonheur les années passées à enseigner.

« Pour que le courant passe, il faut que tu émerveilles les élèves et il faut aussi que tes propres yeux pétillent. Certaines de mes enseignantes ont été des modèles pour moi. Je voulais enseigner comme elles. Je pense ici notamment à sœur Simone Ferland, des sœurs de la Présentation de Marie. C’était ma prof de biologie. Elle a été en quelque sorte mon mentor », indique sœur Michelle.

Et ce bonheur, qu’elle exprime sans retenue, lui fait revivre un épisode rempli d’émotion sous nos yeux : « je travaillais avec un petit Haïtien depuis quelque temps pour l’aider à apprendre à lire. Il avait beaucoup de difficulté, mais un jour, il y a eu un déclic. Il a commencé à lire. Il en tremblait et moi, je pleurais de joie. Il réalisait qu’il avait compris », raconte-t-elle en reproduisant les gestes du petit.

Avec les élèves de l’ESSJ, elle a su créer une ambiance favorisant les échanges entre elle et les jeunes, et ce, dans le respect. Aucune question n’était idiote et c’était une règle que toutes devaient respecter.

« Je crois bien avoir réussi à transmettre ma passion pour la biologie à plusieurs de mes élèves. Quand les parents venaient à la rencontre des profs et qu’ils voyaient l’affiche au-dessus de ma tête disant que j’étais la prof de bio, plusieurs m’abordaient en disant « ah oui, ça ma fille aime ça! », et ça me rendait heureuse.

Encore aujourd’hui, plusieurs années après avoir quitté l’ESSJ, Michelle Gill et ses consœurs qui y ont enseigné en parlent comme de « leur école ».

« Ils sont encore proche de nous et ils sont restés fidèles à plusieurs de nos valeurs comme celle d’enseigner à tous, faibles et forts, sans discrimination », se réjouit-elle.

© Patrick Roger, photographe