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Une vie bien remplie

« Les valeurs véhiculées par les êtres qui nous étaient chers, ceux qui aujourd’hui sont morts, ces valeurs, dit-elle, continuent de vivre en nous ». C’est le message de foi que lance sœur Marguerite Dubois au début de notre rencontre.

Si belle et rayonnante, du haut de ses 95 ans, sœur Marguerite inspire la joie de vivre, la tendresse et la bonté.

« J’ai eu une vie bien remplie, et elle continue de l’être, et j’ai toujours aimé ce que je faisais », raconte celle qui a enseigné pendant 50 ans, a travaillé au Camp Richelieu pendant 10 ans, a ouvert un centre de dépannage à Bromont puis, au travers de tout cela, a chanté la vie et aimé son prochain.

Fièrement, elle parle de son père, qui fut l’un des premiers colons à s’installer à Fugèreville, au Témiscamingue, une municipalité qui a célébré 100 ans d’existence, en 2012. Des célébrations auxquelles sœur Marguerite a pris part, à titre de seule représentante de la famille de neuf enfants, dont elle était la plus jeune, et la seule qui soit encore en vie. Sa mère est décédée alors qu’elle n’avait que 18 mois. Malgré tout, elle affirme sans hésitation :

« J’ai été élevée dans l’amour et la joie. Chez nous, il y avait toujours du chant et de la musique. Après la mort de ma mère, nous avons déménagé dans la région de Baie Missisquoi. Mon père ne s’est jamais remarié. Les plus vieilles se sont occupées de lui. »

Ce père tant aimé a eu beaucoup de peine quand sa sœur Laurette et elles sont entrées au couvent, en même temps.

« Il en a été malade. Quand nous l’avons su, nous sommes allées le trouver et nous avons passé huit jours avec lui. Il était rassuré de nous savoir heureuses et il s’est remis à jouer du violon. »

Du vieillissement, du fait de prendre de l’âge, sœur Marguerite ne se plaint pas : « si j’étais malade, ce serait pire! Mais j’ai la santé et c’est formidable. Je tricote, je cuisine, j’ai beaucoup d’amis, de la parenté. Je suis bien entourée. »

Devant les difficultés de la vie, elle dit s’être toujours abandonnée à la volonté de Dieu et elle a fait sienne cette parole de Mgr Moreau : « Je peux tout en celui qui me fortifie ».

© Patrick Roger, photographe